L'immobilier en Ile-de-France : un marché actif qui se cherche
Dans la continuité du 1er trimestre, le marché immobilier en Ile-de-France a encore fait preuve, au 2ème trimestre 2005, d’une activité soutenue. Le nombre des transactions a augmenté de 0,8 % par rapport à la même période de l’année précédente pour se situer à 62 947 ventes, tous biens immobiliers confondus.
Cette évolution globale recouvre néanmoins des disparités entre les départements et selon les types de produits, dont l'analyse détaillée permet de rendre compte de tendances lourdes caractérisant chacune des trois grandes zones géographiques de la région : progression des ventes sur le marché de l'ancien à Paris et sur celui du neuf en Grande Couronne, érosion du volume des transactions en Petite Couronne.
A Paris, la progression des transactions conclues au 2ème trimestre (+2,7%) a été dopée par les performances enregistrées sur le marché des appartements anciens (+3,2 %), alors que le secteur du logement neuf, devenu marginal dans la capitale, est en net reflux (-25,3%) avec seulement 149 appartements vendus au cours du trimestre.
En Petite Couronne, le tassement de l’activité (-2,5%) qui reste cependant à un bon niveau, n'épargne aucun des trois départements, la baisse des ventes dans l’ancien (-2,9 % pour les appartements et -5% pour les maisons), n'étant pas compensée par la croissance des ventes d’appartements neufs (+3,6%).
En Grande Couronne, l'augmentation du nombre des ventes enregistrée au 2ème trimestre (+2,5%), repose moins sur l'activité du logement ancien qui a fléchi (-3,2% pour les appartements et -6,7% pour les maisons) que sur celle du logement neuf. Et ce, tant sur le secteur des maisons individuelles neuves (+15%), qui représente 80% du marché en Ile-de-France, que sur celui des appartements neufs (+25,9%), qui assure 50% des transactions de la région. La palme revenant à la Seine-et-Marne, où les ventes dans le neuf ont bondi de 53,1% pour les appartements et de 67,6% pour les maisons individuelles.
Le bilan est également contrasté sur le front des prix, puisque aussi bien Paris, où le marché est porteur, que la Petite Couronne, affectée par une baisse des ventes, enregistrent une atténuation de la hausse des prix, alors qu'en Grande Couronne, où l'activité du logement ancien se tasse, les prix poursuivent sur leur lancée.
Ainsi, l’Indice Notaires-INSEE des appartements anciens fait état, à Paris, d'un ralentissement de la progression des prix au 2ème trimestre (+2,5%, contre 3,1 % le trimestre précédent), portant le m2 à 4 869 euros. Ce phénomène est exclusivement le fait des arrondissements les plus chers, où l'augmentation des prix, après avoir atteint des sommets, s'essouffle, comme l'attestent les évolutions annuelles constatées sur le 5ème arrondissement (+4,6%), le 6ème et le 8ème (+6,4%), le 7ème (+7,8%).Cette progression a diminué de moitié par rapport à la période antérieure. En revanche, les prix ne s'assagissent toujours pas dans les arrondissements les moins onéreux de la capitale (+18,8% dans le 10ème, +18,3% dans le 19ème, +17,7% dans le 18ème, +16% dans le 20ème).
La tendance à la décélération de la hausse des prix est également constatée en Petite Couronne, où l'augmentation marque une pause au 2ème trimestre (+2,9 %, contre +4% au trimestre précédent). Laquelle n'a pas encore eu d'effet sur l'évolution annuelle qui s'établit en moyenne à +15,4% en Petite Couronne, s'échelonnant de +13% dans les Hauts de Seine à +20,3% en Seine-Saint-Denis.
En Grande Couronne, les prix des appartements anciens ont, en revanche, parcouru le chemin inverse, en passant de +3,4% au 1er trimestre à +4,1 % au 2ème trimestre. Cette progression moyenne recouvre néanmoins des évolutions contraires d'un département à l'autre. Ainsi, en Seine-et-Marne et dans l'Essonne les prix ont respectivement augmenté de 6,1% (contre +2,4% au 1er trimestre) et de 5,4% (contre +3,5%), alors qu'ils ont connu une stabilité dans les Yvelines (+3,3% contre +3,4%) et une légère décélération dans le Val-d’Oise (+3,2% contre +3,9%).
Une ligne de partage se vérifie également sur le marché des maisons anciennes. Les prix reprennent leur envol en Petite Couronne (+4,8% au 2ème trimestre, contre +1,8% au 1er trimestre), notamment dans le département du Val-de-Marne (+6,5%, contre -1% au trimestre précédent), tandis qu’ils restent stables en Grande Couronne (+3,2%, contre 3,4% au 1er trimestre).
Au total, le marché francilien qui se caractérise globalement toujours par un haut niveau d’activité est traversé, au 2ème trimestre, par des évolutions différentes d’une zone géographique à l’autre tant en termes d'activité que de hausses des prix.
Au cours du 3ème trimestre, le dynamisme global des ventes en Ile-de-France, constaté par ailleurs depuis le début de l'année (+0,5%), ne devrait pas fléchir, comme le laissent entrevoir les résultats de l'enquête permanente effectuée auprès des études notariales pour les mois de juillet et d'août.
Il est vrai que le niveau des taux d'intérêt n'a jamais été aussi bas, le nombre de prêts délivrés pour de longue durée jamais aussi élevé et les besoins en logements en Ile-de-France jamais aussi criants.
L’inflexion constatée en termes de rythme et d’évolution des prix dans l’agglomération centrale au cours du deuxième trimestre, notamment dans les secteurs les plus chers, devrait, en toute logique, se confirmer et s’élargir, compte tenu du niveau très élevé atteint en termes de valeur pour tous les segments de marché. Même si, notamment en grande couronne, un phénomène de rattrapage pourra continuer à se manifester dans certains secteurs jusqu’à présent moins côtés, la question de la solvabilité globale de la demande se pose de plus en plus sérieusement.
Cette accalmie des prix, aujourd’hui inégalement perceptible, permettrait en se généralisant une meilleure régulation des marchés immobiliers.
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